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Valduc : on nous applaudit, on nous gèle. Ça suffit !

En mars, la ministre des Armées venait saluer nos compétences « uniques ». En juin, les tutelles nous refusaient toute mesure salariale. Seize ans de point gelé, un site isolé en pleine forêt, et maintenant une guerre des compétences déclarée dans tout le nucléaire et la défense. Les salariés de Valduc en ont assez d’être les champions des discours et les oubliés des fiches de paie.

La CFE-CGC SICTAM le dit sans détour : si rien ne change, Valduc perdra ses talents. Et ce ne sera pas faute de les avoir prévenus.

Valduc fait vivre un territoire

45 km de Dijon, aucune gare, un massif forestier : c’est là que nous faisons tourner un site au cœur de la dissuasion française. Chaque jour, des centaines de salariés prennent la route, depuis le bassin dijonnais, Is-sur-Tille ou Châtillon-sur-Seine.

Et c’est tout un territoire qui en dépend : 2 810 emplois et 7 700 personnes vivent grâce à Valduc, presque toutes en Côte-d’Or. Premier employeur industriel du département, pilier de la dissuasion… et des salariés dont le point n’a pas bougé d’un centime depuis 2010. Cherchez l’erreur.

L’isolement : ce sont toujours les salariés qui paient

Travailler à Valduc, ce n’est pas un choix de confort. C’est un engagement. Et cet engagement, personne ne le reconnaît aujourd’hui.

  • La route, tous les jours, toute l’année : environ une heure et demie aller-retour depuis Dijon. Les bus sont pris d’assaut par les salariés, preuve que le besoin est réel. Mais pour un candidat qui découvre la région, la distance fait peur.
  • Des familles entières mises à contribution : trois quarts des salariés vivent en couple, 9 conjoints sur 10 travaillent. Venir à Valduc, c’est souvent bouleverser toute une vie de famille.
  • Le télétravail ? Quasi impossible. Nous l’acceptons, c’est la mission qui l’exige. Mais ailleurs, on compense la distance par deux ou trois jours à la maison. Ici, on ne compense rien.
  • Un site qui vieillit : seulement 15 % des salariés ont moins de 30 ans. Les jeunes diplômés, on ne les attirera pas avec des slogans.

Pendant ce temps, Lyon, l’Île-de-France et les grands chantiers du nucléaire déroulent le tapis rouge aux mêmes profils que nous. La direction peut-elle encore faire semblant de ne pas le voir ?

Notre région mérite mieux que le fatalisme

Non, Valduc n’est pas condamné à être « le site trop loin ». La Bourgogne a tout pour séduire :

  • Dijon, métropole universitaire à taille humaine ;
  • Paris à environ 1 h 35 en TGV ;
  • un logement accessible, autour de 2 700 €/m² à Dijon. Et quand on vient à Valduc, on reste : 77 % des salariés sont propriétaires ;
  • des forêts, des vallées, des vignobles : un cadre de vie qui fait envie ;
  • un vrai bassin nucléaire : 23 000 emplois et 270 établissements en Bourgogne-Franche-Comté.

Mais attention : ce bassin cherche lui aussi 12 000 personnes d’ici 2030, et un métier sur deux y est déjà en forte tension. Nos voisins sont aussi nos concurrents.

Soyons clairs : les vignobles ne paient pas les traites. Les atouts de la région ne servent à rien si le salaire ne suit pas. Et avec un point bloqué depuis 2010, il ne suit plus.

Nos exigences : place aux actes !

Les compliments, nous en avons eu assez. Le 13 octobre, nous étions dans la rue à Dijon. Nous ne lâcherons rien.

  1. Dégel immédiat du point ! Seize ans de gel, ça suffit. La grille du CEA décroche face à toute la filière, année après année. Nous exigeons un rebasage pour tous, avec un point porté à 7 €.
  2. La prime défense : oui. Un cache-misère : non ! Nous nous battrons pour l’obtenir, car nos contraintes sont réelles : sécurité, habilitation, télétravail quasi impossible, isolement. Mais qu’on ne vienne pas nous la vendre comme solde de tout compte. Une prime ne remplacera jamais une grille salariale digne de ce nom.
  3. Un vrai accompagnement à l’installation : aide au logement et soutien à l’emploi du conjoint. Faire venir des talents, ça se prépare.
  4. Former et recruter ici : plus d’alternance et de vrais partenariats avec l’Université Bourgogne Europe, les IUT et les lycées techniques de Côte-d’Or.

Seuls, on subit. Ensemble, on pèse. Rejoignez la CFE-CGC SICTAM : plus nous serons nombreux, plus nos tutelles devront nous entendre.

Votre contact à Valduc : Fabienne Voye, représentante de la section syndicale (fabienne.voye@cea.fr).

L’indépendance des idées, la cohérence des actions.